Sailhan

Village de la vallée d'Aure au cœur des Pyrénées

Sailhan au printemps

Le patrimoine de Sailhan
L'histoire du moulin de la Mousquère

Cette page présente un résumé d'ensemble de l'histoire du moulin jusqu'à nos jours. Pour aller plus loin, pour consulter les textes de référence existants, les baux, les actes de vent, etc., on se reportera avec intérêt au Site du moulin de la Mousquère qui présente cette histoire en détail, siècle par siècle.

Dès le XIIème siècle

L’existence du moulin de la Mousquère est attestée au XVIIe siècle mais son exploitation remonte vraisemblablement au XIIe siècle. C'était un moulin banal, c'est à dire soumis aux banalités, règlements seigneuriaux décrits dans les censiers. Un impôt payé au seigneur était dû, il était souvent payé en nature. Le paysan était obligé de moudre ses céréales dans le moulin du fief du seigneur dont il dépendait. Le moulin de la Mousquère était à cette époque, la propriété de la seigneurie d’Estensan : la famille d’Arrous dont un ancêtre se distingua pendant la bataille de Cadeac en 1015 contre les Sarrazins avec l’aide du roi d’Aragon Don Sanche Abarca. Ce dernier imposa aux seigneurs de la vallée la construction de tours de guet sur les promontoires pour signaler toute invasion ainsi qu’une fortification de leur résidence quand ce n’était pas l’église qui était fortifiée comme à Luz Saint-Sauveur. La date de 1576 est gravée sur le linteau du moulin actuel mais les inscriptions qui accompagnent cette date sont indéchiffrables. Les seigneurs des villages n’étaient guère fortunés. Au cours des siècles, l’influence et l’autorité seigneuriales eurent de moins en moins d’emprise sur les communautés. Les communautés héritaient souvent directement de biens seigneuriaux comme ce fut le cas pour la vallée du Rioumajou en 1457.

Photographie du moulin en 1957, il tournait encore

Changements de propriétaires

Le 31 janvier 1692, Pierre-Antoine d’Arrous, seigneur d’Estensan, vendit le moulin de la Mousquère aux communautés de Sailhan et d’Estensan. De 1692 à 1815 le moulin a fonctionné de manière continue. Il sert à moudre les céréales et il est entretenu par les meuniers qui se succèdent La Révolution et l’abolition des privilèges n’eurent pas d’effet sur son statut et son fonctionnement puisque le moulin n’était pas la propriété d’un noble. En 1813 il est racheté par Pierre Bacqué-Fourtine. En 1815 le moulin tombe en ruine car le propriétaire n’a pas les moyens de le réparer. Obligé de vendre, ce sont 32 paysans de Sailhan et 16 d’Estensan qui l’achètent le 13 janvier 1816. Les paysans vont désigner trois syndics pour gérer le moulin, ces derniers sont notamment chargés de choisir le meunier.












1816-1960 Les derniers meuniers

Jeannot Brac et son ami Barthélémy Ferras, dernier meunier

De 1816 à 1960, 12 meuniers se sont succédés au moulin : Innocent NARS, Pierre CURIE, Jean-Marie LADRIX, Marc RIBATET, Antonio LOSTE, Bernard RIBATET, Jean CARRERE, Francine LADRIX, André DARAN, Joseph LOSTE, Léon DARAN, Barthélémy FERRAS. La plupart de ces patronymes sont encore courants dans la vallée. La meunière Francine LADRIX a fait fonctionner le moulin de 1914 – la plupart des hommes valides étaient mobilisés – jusqu’en 1925. Le moulin cessa de fonctionner en 1960. La photo ci-dessus montre le moulin en 1957. Le dernier meunier, Barthélémy Ferras, est le doyen de Sailhan. Il est présenté ci-contre avec sa canne et son ami Jeannot Brac, éleveur de brebis en attendant le passage du Tour de France 2014.

1960-2013 - La ruine et la restauration

Au cours des décennies qui suivirent, le moulin fût abandonné. Il tomba en ruine et ce n'est qu'en 1996 que les municipalités de Sailhan et d'Estensan s'engagèrent dans sa restauration. Une page du site est dédiée à L'aventure de la restauration du moulin . A partir de l'an 2000, le moulin revit comme témoin et héritage de notre passé

18 juin 2013 - La Mousquère en furie

La promenade détruite par la crue du 18 juin 2013

Ce jour là, des innondations catastrophiques s'abattent sur le pays des nestes et celui des gaves. La Mousquère en furie sort de son lit et traverse les maisons de Bourisp. Au niveau du moulin, les arbres tombés forment des barrages. En contournant ces barrages, le torrent creuse progressivement les berges qui s'effondrent. La promenade en amont du moulin disparait, la vanne d'alimentation est détruite, les buses en béton qui alimentent le canal d'amenée sont brisées. Le jour même, quelques bénévoles prennent des dispositions de fortune pour empêcher le déferlement de l'eau sur le bâtiment du moulin. Sans canal d'alimentation, le moulin n'est plus en état de fonctionner.



Ce qu'il restait de la vanne du canal d'amenée Ce qu'il restait de la vanne du canal d'amenée
















2013 - La remise en eau

La commune a peu d'argent mais les hommes ont des idées. Georges Tajan imagine qu'il est possible de réutiliser les buses en béton pour en faire des supports d'une nouvelle canalisation d'alimentation. Il s'agit donc de les transformer en pilliers ancrés dans le sol, de les remplir de pierres et de ciment et de les ajuster parfaitement pour obtenir une pente régulière. Des buses neuves, posées sur ces pilliers, constituent la nouvelle canalisation. Aussitôt imaginé, aussitôt fait. Le coût pour la commune est de ce fait réduit au strict minimum; toute la main d'oeuvre est bénévole. Au début du mois d'août 2013 l'eau coule à nouveau dans le moulin.



La remise en eau par les bénévoles La remise en eau par les bénévoles
















2015 : Enrochement des berges et reconstitution de la promenade

La reconstitution de la promenade et la consolidation des berges nécessite des moyens beaucoup plus importants et des financements en conséquence. La municipalité a monté des dossiers afin de convaincre et a demandé des subventions.

Les premiers engins de chantiers de l'entreprise SLTS ont pris place près du moulin de la Mousquère le mardi 5 mai 2015. Les travaux ont été terminés le mercredi 13 mai. Les berges et le pont ont été renforcées par 600 tonnes de blocs de pierre extraits d'une carrière voisine.
La promenade reconstituée a été engazonnée.

Le montant des travaux s'élève à 28400€ HT. Pour financer cette dépense, des subventions ont été accordées par l'Etat, le Conseil Régional, le Conseil Départemental et l'Agence de l'Eau Adour Garonne pour un montant global de 26900€ .Le budget de la commune prend en charge le complément de la dépense et la part de TVA qui n'est pas remboursée par l'Etat soit au total 3000€ environ.

Voir les photos du chantier



Juillet 2015, la promenade est reconstituée.

Dès 2016, de nouveaux bancs seront installés pour le plus grand plaisir de tous

L'herbe repousse sur la nouvelle promenade