Sailhan

Village de la vallée d'Aure au cœur des Pyrénées

Sailhan au printemps

Le patrimoine de Sailhan - Le travail du meunier

Le meunier est locataire

Panneau sur lequel sont accrochés les outils du meunier

Le meunier était « locataire » du moulin. Il devait payer un loyer. La durée du bail d’affermage était d’une année mais lorsqu’on était satisfait de ses services, son bail était renouvelé et il pouvait ainsi exercer 2 ans, 3 ans, 5 ans et parfois plus de 10 ans. Le bail précisait les charges et conditions de fonctionnement du moulin. Le choix du meunier se faisait au plus offrant, cependant, les syndics attachaient une grande importance aux garanties morales et financières que le meunier pouvait apporter :

Le bail obligeait le meunier à fournir une barrique de vin par an au moulin. Les paysans n’avaient pas suffisamment d’argent pour acheter du vin. Ils avaient des vergers et notamment des pommiers ; ils faisaient du cidre. Offrir un verre de vin au client du moulin qui était obligé d’attendre que son grain soit moulu et tamisé était une marque de convivialité.

Un travail rude payé en nature

Un boisseau de 20 litres

Le meunier travaillait tous les jours sauf le dimanche et les jours de fête. La journée commence au lever du jour et se termine à la tombée de la nuit. Cependant, si un client arrivait un peu tard, il fallait alors moudre la nuit, l’éclairage du moulin se faisant avec de l’écorce de pin ou de sapin enflammée et posée sur le bord de la cheminée. Lorsqu’un client se présentait, le meunier mesurait la quantité de céréales apportées à l’aide d’un boisseau ou d’un coupeau (Le boisseau est un récipient de forme cylindrique destiné à mesurer les matières sèches grains et farines, de capacité de 20 litres, le coupeau à une capacité de 10 litres). Il en prend une partie pour lui (1/20ème), la pugnère, qui constitue le paiement en nature de son travail. Il surveille la mouture, règle la pression des meules, veille à ce que la trémie soit toujours pleine de grain.

Le blutoir

Un ancien blutoir Le tamis d'un blutoir familial






Lorsque le grain est moulu, le meunier reprend la mouture de la huche à farine pour la tamiser grâce au blutoir. Le blutoir est un meuble en bois contenant un cylindre horizontal légèrement incliné et entouré d’un tamis. Il permettait de séparer la fleur de farine destinée à la pâtisserie et les spécialités locales comme le gâteau à la broche, la farine, destinée à la fabrication du pain et le son pour les animaux.

L'hiver

Le Moulin en hiver

L’hiver, en période de gel, le moulin était à l’arrêt. Le meunier en profitait pour rhabiller les meules, c'est-à-dire les piquer au marteau de meunier afin qu’elles gardent un niveau de rugosité suffisant. L’entretien et les petites réparations lui incombaient.