Sailhan

Village de la vallée d'Aure au cœur des Pyrénées

Sailhan au printemps

Le patrimoine de Sailhan - La vallée du Rioumajou

Extrait de la monographie de 1887, M. Rey, Instituteur à Sailhan

Rhododendrons en fleur

Le Rioumajou est une charmante vallée au sud-est de Tramezaygues et à environ 5 km de Sailhan. Peu de pays sont plus agréables. Encaissée entre 2 montagne, cette gorge, à son entrée, est sombre et comme fermée. Au point où elle commence à s’élargir, un bruit effrayant se fait entendre : c’est la première cascade du pays.


Elle semble exciter le voyageur à continuer sa route et à visiter les curiosités de la région. Sur un parcours de 2 km environ, la gorge très serrée se continue entre une belle sapinière à droite, et, à gauche, des rochers à pic entourés de prairies appartenant à quelques habitants de Sailhan et qui apparaissent comme suspendues sur des précipices. Par instant, le Rioumajou, trop serré, mugit dans son lit trop étroit. De temps à autre, il franchit un précipice que lui-même a creusé. On est tout heureux de voir ces nombreuses cascatelles, ou plutôt de les entendre, car le plus souvent la gorge est si étroite et si profonde à la fois que le vertige saisit l’imprudent qui veut satisfaire sa curiosité.
Bientôt on arrive à un point où les montagnes s’éloignent. Le ruisseau serpente alors, paisible et limpide, à travers de vastes pelouses où les troupeaux du pays bondissent pendant la belle saison. A la vallée principale, se rattachent à droite et à gauche des vallons divers : les uns bas et couverts d’une végétation abondante, les autres perchés près de la cime des montagnes, encombrés par des moraines ou richement gazonnés.
Bien couvent de riches étrangers viennent s’installer pour plusieurs semaines dans le Rioumajou, soit comme disciples de Saint-Hubert, soit comme paysagistes. Ils acceptent de bonne grâce les inconvénients d’une installation rustique tout à fait primitive, à moins qu’ils ne puissent loger dans une charmante maisonnette appartenant à monsieur Soulé de Sailhan. Au fond du Rioumajou, se trouve encore un hospice qui fut incendié en 1794 par les espagnols et reconstruit en 1800. C’est un établissement de refuge pour les voyageurs et situé à l’entrée du port. Le voyageur peut y trouver les agréments d’un repas frugal joint au plaisir que procure un paysage charmant. On ne quitte pas le Rioumajou sans regret et surtout sans former le projet d’y revenir.

Gentiane en fleur