Sailhan

Village de la vallée d'Aure au cœur des Pyrénées

Sailhan au printemps

Monographie de Sailhan
par M. Rey, instituteur à Sailhan

Le village

la sortie du village de Sailhan, vers ENS

Sailhan est un petit village du département des Hautes-Pyrénées, faisant partie du canton de Vielle-Aure et situé sur la rive droite de la Neste. Il est borné au nord par les territoires des communes de Bourisp et de Vielle, à l’est par le territoire d’Estensan, au sud par celui d’Ens et à l’ouest par celui de Saint-Lary. L’étendue de ses propriétés est d’environ 258 hectares appartenant en propre soit aux habitants, soit à la commune. Celle-ci possède en outre une contenance de 2167 hectares 54, constituant la partie montagneuse proprement dite, dans l’indivision avec Saint-Lary et figurant au plan cadastral de cette dernière commune. Sailhan est à 2 km de son chef-lieu de canton, à 55 km de son chef-lieu d’arrondissement qu’est Bagnères, et à 65 km de Tarbes.
Agréablement placé sur une faible hauteur qui domine bien la plus grande partie de la vallée, le terrain est en pente assez faible, et les propriétés sont le plus souvent terminées par des haies ou par des murs destinés à arrêter les éboulements. Les terrains situés au levant, sont en pente plus légèrement inclinées et forment les meilleures propriétés du village. Quant à la partie montagneuse, elle est ainsi que nous l’avons vu plus haut, d’une étendue considérable et elle est située dans le Rioumajou.

Le Rioumajou

L'hospice du Rioumajou, vu de loin

Le Rioumajou est une charmante vallée au sud-est de Tramezaygues et à environ 5 km de Sailhan. Peu de pays sont plus agréables. Encaissée entre 2 montagne, cette gorge, à son entrée, est sombre et comme fermée. Au point où elle commence à s’élargir, un bruit effrayant se fait entendre : c’est la première cascade du pays. Elle semble exciter le voyageur à continuer sa route et à visiter les curiosités de la région. Sur un parcours de 2 km environ, la gorge très serrée se continue entre une belle sapinière à droite, et, à gauche, des rochers à pic entourés de prairies appartenant à quelques habitants de Sailhan et qui apparaissent comme suspendues sur des précipices.
Par instant, le Rioumajou, trop serré, mugit dans son lit trop étroit. De temps à autre, il franchit un précipice que lui-même a creusé. On est tout heureux de voir ces nombreuses cascatelles, ou plutôt de les entendre, car le plus souvent la gorge est si étroite et si profonde à la fois que le vertige saisit l’imprudent qui veut satisfaire sa curiosité.
Bientôt on arrive à un point où les montagnes s’éloignent. Le ruisseau serpente alors, paisible et limpide, à travers de vastes pelouses où les troupeaux du pays bondissent pendant la belle saison. A la vallée principale, se rattachent à droite et à gauche des vallons divers : les uns bas et couverts d’une végétation abondante, les autres perchés près de la cime des montagnes, encombrés par des moraines ou richement gazonnés.
Bien souvent de riches étrangers viennent s’installer pour plusieurs semaines dans le Rioumajou, soit comme disciples de Saint-Hubert, soit comme paysagistes. Ils acceptent de bonne grâce les inconvénients d’une installation rustique tout à fait primitive, à moins qu’ils ne puissent loger dans une charmante maisonnette appartenant à monsieur Soulé de Sailhan. Au fond du Rioumajou, se trouve encore un hospice qui fut incendié en 1794 par les espagnols et reconstruit en 1800. C’est un établissement de refuge pour les voyageurs et situé à l’entrée du port. Le voyageur peut y trouver les agréments d’un repas frugal joint au plaisir que procure un paysage charmant. On ne quitte pas le Rioumajou sans regret et surtout sans former le projet d’y revenir.

Géologie

La nature des roches est plus souvent schisteuse que graniteuse. Il y a également du calcaire, mais en plus petite quantité. On trouve dans certains endroits, au quartier Pount-Debat, par exemple, des grottes profondes qui n’ont jamais été visitées. A leur entrée on remarque de beaux échantillons de stalactites et de stalagmites. La constitution géologique sur sol semble révéler l’existence, sur divers points du territoire communal, de gîtes métalliques.
Des fouilles destinées à rechercher ces gîtes ont été tentées à différentes reprises et elles n’ont jamais donné de résultats satisfaisants. S’il faut en croire la tradition, les romains, longtemps avant notre ère, auraient exploité au quartier Coudère, des mines d’or et d’argent. Le sol ondulé, à enfoncement multiple et rapprochés, semble en effet, prouver que ce terrain a été fouillé dans tous les sens. On y voit même des excavations profondes qui n’ont jamais été explorées et que l’on croit aboutir à des galeries souterraines.


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