Sailhan

Village de la vallée d'Aure au cœur des Pyrénées

Sailhan au printemps

Monographie de Sailhan
par M. Rey, instituteur à Sailhan

L'habillement et l'alimentation

Sous le rapport des costumes, on ne peut dire que les habitants se soient éloignés de la simplicité des ancêtres. Les hommes portent en hiver un béret ou une casquette, un tricot blanc, un gilet, un pantalon, un veston en drap du pays appelé burel et un chapeau le dimanche, mais bien rarement.
Pour les femmes, l’hiver ramène toujours une robe de bure grise souvent avec des raies châtain clair. Elles mettent en guise de fichu un mouchoir qu’elles passent sur les épaules pour le croiser sur la poitrine. Ajoutons 2 mouchoirs serrés autour de la tête. Le premier plié en triangle vient effleurer le front, va se croiser près de la nuque et se noue sur la tête. Le second jeté sur l’autre comme un voile triangulaire, se noue sous le menton en forme de jugulaire. Pour aller aux offices, elles ajoutent à leur toilette habituelle une sorte de capulet, un sac cousu de 2 côtés contigus. Disons tout de suite qu’on ne pêche pas ici par des exagérations de toilette et que c’est le contraire qui a lieu.

L’alimentation est tout à fait frugale et souvent même insuffisant. Dans les ménages à peu près aisés, on tue un cochon en plein hiver et rarement 2. Parfois aussi 1 ou plusieurs brebis qu’on sale à la fin de l’automne. On ne va à la boucherie qu’à l’occasion de la fête locale, et encore !...
Les familles pauvres ne peuvent même pas tuer tous les ans un petit cochon. Dès lors, jamais de viande, seulement du pain de seigle, un mauvais bouillon, une maigre garbure le matin, un peu de pâte et de lait ou encore des pommes de terre le soir. En un mot, la misère ou quelque chose s’y rapprochant. Du vin dans les familles, on n’en boit qu’à l’époque des grands travaux, ou dans les grandes occasions, fort rares d’ailleurs.


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