Sailhan

Village de la vallée d'Aure au cœur des Pyrénées

Vue de Sailhan au printemps depuis la route de Bourisp

La vie à Sailhan - l'agro-pastoralisme

La déprise

Moutons dans les estives du Lustou

L’agriculture de montagne à depuis bien longtemps abandonné la culture des céréales, écrasée par l’agriculture mécanisée de la plaine. Il ne subsiste essentiellement que l’élevage des moutons et des vaches. Cet élevage reste cependant un métier dur ou l’on ne compte pas les heures de travail, où l’on ne prend pas de weekend, et tout cela pour un petit revenu. Alors l’attrait d’un travail salarié à la ville ou dans la vallée prend le dessus. La baisse de la démographie dans les villages de montagne a été spectaculaire. Le nombre d’habitants à Sailhan a été divisé par trois par rapport au XIXe siècle. Certains ont bien tenté de mener de front une activité salariée et un métier d’éleveur, mais une telle situation revenant de fait à exercer deux métiers à plein temps est vite devenue insupportable. La déprise agricole décrit cet abandon définitif, qui en montagne, entraîne l’abandon d’un certain nombre de pâturages de montagne, les estives.

Les conséquences de l'abandon des estives

L'éleveur, son baton et son chien

Les estives concernées sont celles de la vallée du Rioumajou et de ses affluents, vallée dont Sailhan est partiellement propriétaire. La vallée du Rioumajou et ses affluents totalisent environ 2800 hectares d’estives (secteur de Consatère exclus) ce qui est considérable.
Un quartier d’estive qui n’est plus pacagé par les brebis ou les vaches va progressivement disparaitre. Il sera envahi par les rhododendrons et les genévriers, et peu à peu, la montagne deviendra broussailles et forêts.
La montagne est alors défigurée, les sentiers ne sont plus praticables, l’équilibre écologique établi depuis des centaines d’années est rompu et les espères sauvages dont l’habitat était dépendant des estives, sont alors menacées.
On peut également ajouter que le passage régulier des troupeaux conduit à la formation de petites banquettes horizontales, tant dans l’herbe que dans les terrains caillouteux, et que ces discontinuités dans la pente limitent les risques d’avalanches. C’est également le cas lorsque l’herbe non pacagée devient haute, se couche, et forme un terrain beaucoup plus glissant que l’herbe rase. La montagne devient aussi plus dangereuse.

Recoloniser la montagne ?

La progression des rhododendrons dans les quarties peu ou pas entretenus

Un certain nombre de décideurs nationaux et européens ont enfin compris les interactions majeures existant entre la gestion des estives et la protection de l’environnement en montagne. Il ne s’agit plus seulement de protéger une agriculture en difficulté, mais de mettre en avant les nécessités écologiques et les impératifs de protection du patrimoine naturel. C’est l’objet des MAET, Mesures Agro-environnementales territorialisées au plan européen et de la PHAE, Prime Herbagère Agri Environnementale au plan national. Ces mesures couplent les aides aux éleveurs et aux bergers avec les objectifs précisément identifiés de protection de l’environnement
En outre, le Rioumajou est une Zone Spéciale de Conservation du réseau Natura 2000. Ce statut apporte des contraintes supplémentaires mais aussi quelques avantages en matière d’aide financière.

Le groupement pastoral du Rioumajou et la gestion des estives

La cabanne de Thou dans le quartier du Lustou

Les estives de Sailhan sont gérées par le groupement pastoral du Rioumajou. Ce groupement est une association Loi de 1901. Son Conseil d’Administration est constitué d’éleveurs des communes propriétaires ou ayant un droit de pacage : Sailhan, Saint-Lary, Bourisp et Estensan. Le groupement est présidé par Jean-Paul Dubouilh de Sailhan.
En concertation avec le Comité de pilotage de la Zone Spéciale de Conservation Rioumajou et Moudang du réseau Natura 2000, le groupement pastoral oriente ses actions et recommandations selon plusieurs axes essentiels :

L'abri pastoral du Batoua

1.Organiser l’occupation des pâturages et des estives : identification des lieux, des périodes au cours de la saison et des durées où il convient de faire paître les vaches et les moutons afin de valoriser au mieux l’herbe des estives. Les estives sont fréquentées gratuitement par les troupeaux provenant des communes ayants-droits ou moyennant un paiement par des troupeaux de la basse vallée et du piémont. Il s’agit de maintenir ou rétablir la pression pastorale sur les quartiers en déprise en accueillant de nouveaux troupeaux et de nouveaux éleveurs,

2. Contribuer à l’amélioration des conditions de travail des éleveurs et des bergers.

Le parc de tri de la cabanne Soulé à Frédancon

3. Collecter les certificats de transhumance, les résultats des prises de sangs afin d’éviter toute prolifération des maladies dans les estives,

4. Identifier les estives pour lesquelles des opérations de débroussaillage sont à envisager pour réamorcer l’utilisation de certains quartiers.

En 2005, l’effectif était de 1850 ovins et 200 bovins. En 2014, il est de 2500 ovins, 120 bovins et une dizaine de chevaux.





Un agneau né deux heures auparavant près de la cabanne de Thou