Sailhan

Village de la vallée d'Aure au cœur des Pyrénées

La vie à Sailhan - Estives et bergers

Les brebis aux estives

La transhumance

La transhumance 2014

Fin mai ou début juin suivant les années c’est la transhumance : les brebis sont conduites vers les pâturages d’altitude et un grand nombre y restera jusqu’à mi-octobre. Après avoir mangé du foin pendant tout l’hiver, après avoir un peu pacagé au voisinage de la bergerie, les brebis sentent que le moment est venu de retrouver les herbes délicieuses des montagnes. Le jour venu, elles sont excitées, la plupart d’entre elles sont déjà monté aux estives un certain nombre de fois et c’est joyeusement qu’elles prennent la route des estives.



Elles connaissent leur domaine

 les brebis en montagne

Les troupeaux sont souvent implantés sur le même secteur d’estives depuis des années et parfois des décennies. Ils connaissent parfaitement leur domaine, la qualité et la variété de l’herbe en fonction de l’avancement de la saison, les points d’eaux, les passages qu’ils ont tracés, les abris, etc. Cette connaissance de la montagne est partagée par les éleveurs qui pilotent et accompagnent les troupeaux plus qu'ils ne les dirigent car les brebis savent où elles doivent aller.


Le rythme quotidien

les brebis à la queue leu-leu

Elles dorment le plus souvent au même endroit. La couchade est le lieu où les brebis dorment, c’est elles qui le choisissent. A partir de ce lieu, chaque matin, peu après le lever du jour, elles partent à la queue leu-leu vers les pâturages favorables que les meneuses ont choisi. Le soir, le troupeau, s’en retourne au lieu de couchage. Parfois, des petits groupes se sont séparés du troupeau ce qui complique la tâche pour les retrouver.






Regrouper les brebis

l'éleveur regroupe ses brebis Distribution du sel aux brebis















Si on veut regrouper les brebis, c’est au moment où elles partent au petit matin qu’il faut le faire car ensuite, elles sont disséminées sur les flancs de la montagne. Régulièrement, toutes les semaines, parfois beaucoup plus souvent en fonction des conditions météorologiques, l’éleveur monte aux estives pour contrôler le troupeau, assurer la surveillance sanitaire, vérifier qu’aucun groupe important n’est manquant, qu’aucune brebis n’est blessée, distribuer le sel. Dans le cas des quartiers du Lustou au Rioumajou, il convient "d’attraper" les brebis vers 2600-2700 mètres avant 8 heures du matin. Cela représente 1200 mètres de dénivelé qu’il faut monter en partie de nuit à la frontale, parfois 1500 mètres ou plus s’il faut redescendre ailleurs pour retrouver le troupeau. Au cours de la saison, c’est une trentaine de fois qu’il faudra monter.


Les chiens

Les chiens, auxiliaires de l'éleveur les chiens, auxiliaires de l'éleveur















L’éleveur est accompagné de ses chiens, de la race border collie, auxiliaires précieux et indispensables pour conduire, contrôler le troupeau en douceur. Repérer et retrouver les brebis n’est jamais gagné à l’avance. Les jumelles, la connaissance du terrain et les habitudes des animaux, les clochettes sont autant d’éléments qui permettent à l’éleveur de maîtriser la situation.


L'agnelage

Parc de tri des brebis

Fin août, il est nécessaire de trier les brebis pour faire redescendre à la bergerie toutes celles qui vont agneler en septembre ou octobre. Depuis les estives du Lustou, les brebis sont redescendues jusqu’à Frédancon à 1400m ou elles sont parquées dans un pré en attente de tri. Une longue journée sera nécessaire pour les faire redescendre à leur rythme, sans les brusquer et en dehors des heures de forte chaleur. S’il manque des brebis, il faut remonter le lendemain pour les retrouver. Si on ne les retrouve pas à cause du brouillard, il faudra remonter encore… Les brebis sont triées dans le parc de tri près de la cabane Soulé à Frédancon. Celles qui vont rester aux estives seront capables de remonter seules jusqu’à leurs quartiers. les autres vont redescendre à pied jusqu'à Sailhan sous la conduite de l'éleveur.


Retour à la bergerie

En fin de saison, avec le froid nocturne qui devient plus intense, les brebis vont progressivement pacager de plus en plus bas jusque dans la forêt où il ne sera pas simple de les retrouver. Quand la neige arrive, les brebis sont très satisfaites de revenir au chaud…


Jeannot, le berger du Rioumajou

60 ans à parcourir le Rioumajou !

Hospice du Tioumajou

Jeannot a marché toute sa vie en montagne, Plus de 60 ans de marche. Le genou est un peu fatigué mais il tient encore le coup.
Dès 14 ans, il était berger pour le troupeau familial, des vaches et des moutons. Après une petite interruption pour le service militaire il a repris immédiatement le métier.
Au Rioumajou, chaque éleveur avait un quartier d’estive qui lui était attribué et Il y avait plus d’éleveurs à Sailhan qu’à Saint-Lary. Il n'y avait pas de troupeaux de propriétaires de villages de la basse vallée comme aujourd’hui.
Eleveur et berger, de moutons essentiellement, puis, à partir de sa retraite, après avoir vendu l’essentiel de son troupeau, berger chaque année pendant 4 mois.

Berger au plus profond de lui-même

En 2014, a plus de 75 ans, il garde près de 900 brebis appartenant à 4 propriétaires. Aucune brebis n’a été perdue ! Il a la fierté modeste et dit qu’il faut surtout demander l’avis des propriétaires. Sa compagne sait à quel point il connait et il aime et a toujours aimé son métier.
La surveillance des brebis est quotidienne, mais il faut le faire sans les déranger, sans les regrouper afin qu'elles gardent leur tranquillité. Avec l'expérience du métier, une rapide inspection suffit à déceler ce qui ne va pas. Seul un regroupement hebdomadaire est nécessaire pour un contrôle plus détaillé, voir celles qui se sont blessées, qui boitent, qui sont malades et aussi pour le sel dont elles sont tant friandes.
Les moutons d’un même propriétaire restent groupés et ne se mélangent pas beaucoup avec les autres. Les différents troupeaux sont ainsi répartis sur plusieurs secteurs, ce qui rend la surveillance plus aisée.

Du courage et de l'amour

Le métier de berger exige du courage : partir surveiller les brebis en altitude par tout temps, des température basses et une visibilité incertaine; ne pas se préoccuper des dénivellées parcourues; porter sur ses épaules une brebis blessée quel que soit son poids, être seul... mais le métier, c'est aussi l'amour de la montagne, des bêtes, de la nature sauvage, le plaisir de voir les brebis heureuses, c'est un métier qui exisge de la sensibilité.
Au cours de ces 60 ans de montagne, malgré quelques chutes sans gravité, aucun accident grave n'est survenu même si parfois – comme dit Jeannot - notre équilibre ne tient qu'à une petite pousse d’herbe…
Il n’y a pas beaucoup d’endroits ou je n’ai pas posé le pied au Rioumajou ajoute t'il !